Résumé
Into The Wild : L’Homme face à la Nature. L’Homme face à lui Même.
Que se passe-t-il lorsque le Japon, troisième économie mondiale en 2011, est frappé par un raz de marée ?
On sait la population hyper organisée, prévoyante, maîtrisant et inventant les technologies les plus pointues. Dans cet archipel, les tremblements de terre sont si fréquents que les immeubles sont le plus souvent construits sur des isolateurs parasismiques (vérins à huile, …). Des normes mises en place depuis plus de 50 ans et qui sont montrées en exemple à travers le monde. En cas de tremblement de terre, les japonais restent souvent calmes, habitués et éduqués à vivre avec ces secousses inopinées.
Les immeubles qui tanguent mais l’Empire du Soleil Levant qui reste debout
Autre phénomène qui peut suivre un tremblement de Terre : le raz de marée. Les japonais y semblaient là encore préparés. Ils sont d’ailleurs les « inventeurs » du terme qui permet de décrire cette « vague » dévastatrice : tsunami. De « tsu » port et « nami » vague. Vague géante redoutée par les pécheurs depuis des siècles et immortalisée par la sublime et intense estampe signé Hokusai (1830).

En plus des normes antisismiques, des kilomètres de forteresses ont été érigées sur les côtes pour éviter que la vague ne dévore les villages et le mont Fuji selon la légende, point culminant du Japon (3 776 mètres).
Le scénario de 2004 se produit en 2011 au Japon
Je serai tenté de dire que le raz de marée est un phénomène naturel bien connu des spécialistes, et depuis le 26 décembre 2004 depuis l’humanité entière. Notre planète est vivante, et une des caractéristiques de cette « vie » sont ses activités sismique et volcanique. Les plaques tectoniques sont en mouvement, s’entrechoquent, se compressent. Et cassent parfois, diffusant une énergie qui se traduit souvent par des catastrophes pour les Hommes. Plus de 220 000 victimes suite au Tsunami d’Indonésie.
Pour expliquer ce lourd bilan humain, on pourrait rappeler la pauvreté des îles touchées (Indonésie principalement). Le manque de connaissances au sujet des raz de marée – certaines personnes ont été sauvées en suivant des éléphants qui s’étaient réfugiés sur les hauteurs pendant que d’autres photographiaient tranquillement l’eau qui montait. Les villages construits face à l’Océan Indien, sans protections naturelles ni artificielles.
Entre l’Indonésie (30eme puissance mondiale en 2008 source www.pays-monde.fr) et le seigneur Japonais, pays du Soleil levant, les conséquences ne pouvaient être comparables.
11 mars 2011 – 14h46 – magnitude 8.9
Les premières images font pourtant froid dans le dos. Cette eau qui envahit les villes côtières, emportant maisons, voitures, bateaux, …
Le premier bilan semble pourtant rassurant. Quelques dizaines de morts. Les japonais seraient-ils capables de dompter la nature ou tout au moins de s’en protéger grâce à leur savoir et leurs technologies ? Le bilan s’est pourtant vite alourdi avec cette ville entière rasée par les flots et ses 10 000 âmes disparues en quelques minutes. Bilan lourd, triste, mais en parti maîtrisé.
Le Japon était donc sur le point de marquer un point décisif face à la catastrophe, affichant un bilan provisoire largement en dessous de celui du raz de marée d’Indonésie ou du tremblement de Terre en Haïti du 12 janvier 2010 (200 000 morts, 300 000 blessés). Le pays le plus gentiment déjanté au monde, bercé entre réel et virtuel, était sur le point de nous montrer qu’il avait bel et bien la tête sur les épaules.
Hiroshima. Nagasaki… Fukushima
Non contents d’avoir su faire face au tremblement de terre le plus important jamais enregistré sur l’archipel, il aura fallu que la folie des hommes vienne se mêler à l’évènement. Cette même folie qui avait fait parlé d’elle sur ce même territoire il y a 65 ans.
De naturelle, la catastrophe est désormais artificielle. Créée de toute pièce par l’Homme. Pourtant, étrangement, si le terme de catastrophe est automatiquement employé dans le cadre du tsunami, les politiques et les responsables de l’énergie en France se sont refuser de l’employer dans un premier temps pour l’explosion de la centrale, préférant sauver la face plutôt que d’admettre que leur technologie comporte de gros risques. Il faut pourtant ouvrir les yeux. L’Homme est capable d’inventer sa propre destruction. L’Allemagne l’a compris, en annoncant un moratoire sur le nucléaire.
Mieux vaut-il être pauvre ou riche ? Un pays pauvre ne bénéficie pas des protections. Un pays riche joue avec la technologie qui se retourne contre lui. Un luxe dans notre monde : celui de choisir son châtiment.
Un châtiment qui porte le doux nom de… progrès. Et de centrale nucléaire plus précisément.
Le progrès : de la publicité…
à la réalité.
Des Hommes et des Dieux
Dans son désir de maîtriser tout ce qu’elle touche, l’humanité en a oublié l’essentiel : vivre en harmonie avec la nature. La comprendre et non la maîtriser à tout prix. Pour le moment, elle préfère synchroniser son bonheur sur une donnée virtuelle, la bourse. Si la bourse monte, l’Homme est heureux. Si elle descend, il devient dépressif.
En s’éloignant de la nature, l’Homme en oublie la sienne : un être vivant parmi les autres espèces sur une planète vivante.
Aujourd’hui, il nous est impossible de venir en aide aux japonais sans risquer notre vie. Ces grands enfants, joueurs, heureux d’inventer des robots, des jeux vidéo, des machines en tout genre. Inventeurs de Godzilla, le monstre issue du nucléaire. Pays du Sumo, des Samouraï. Une pensée pour eux, tout simplement, en espérant que cette nouvelle épreuve nous serve enfin de leçon.
Centrale nucléaire abandonnée sur le littoral basque espagnol





