Jusqu’à présent la mondialisation s’arrêtait aux délocalisations et aux fluctuations de la bourse. La crise financière par exemple, a été vécue par le monde entier. Données virtuelles mais conséquences bien réelles d’un monde moderne.
Avec Fukushima, l’évènement nous rappelle que cette mondialisation ne s’arrête pas seulement aux données virtuelles de la bourse. Ainsi, « l’épicentre » de l’explosion de la centrale nucléaire se trouve au nord-est du Japon, mais les conséquences sont partagées par toute la planète.
Grâce aux outils de communications dans un premier temps. Images traumatisantes du désastre, images heureuses des secouristes sauvant une vie. L’émotion se partage, se vit en direct.
Désormais, il faudra également compter sur les conséquences physiques de la catastrophe. Là où le nuage de Tchernobyl avait été « stoppé » aux frontières, dixit les autorités de l’époque, celui de Fukushima s’apprête à toucher après l’Amérique du nord, l’ensemble de l’Europe.
En France, ce nuage radioactif est attendu pour mercredi 23 mars. Jeudi 24 au plus tard.
Simulation du nuage radioactif : jeudi 24 mars – © irsn.fr

Aucune crainte à avoir…
Les autorités sont sereines. Le nuage de Fukushima qui va toucher la France sera 1000 à 10000 fois inférieur à celui qui a touché la France en avril 1986. Rassurant, non ?
Avec un gouvernement pro nucléaire, fleuron de la technologie française, la transparence est loin d’être au rendez-vous. On pourrait d’ailleurs parler de crise de confiance sur le domaine sanitaire entre l’Etat français et ses citoyens.
En 1986, l’Etat français a dissimulé des informations sur le nuage de Tchernobyl. En 2009, les français ont largement refusé la campagne de vaccination contre la grippe A, par crainte des effets secondaires du vaccin. Aujourd’hui, nous sommes en face d’un gouvernement qui a commencé par minimiser la catastrophe au Japon pour éviter une fronde anti-nucléaire. Le conflit d’intérêts saute aux yeux, si bien que pour obtenir des informations objectives, il faut se tourner vers des organismes indépendants. L’association Greenpeace par exemple, a confirmé que le taux de radioactivité ne devrait pas avoir de conséquences sur la santé en France. A condition qu’il n’y ait pas de nouveaux rejets.
… même pour les surfeurs ?

Petit retour en arrière. Une campagne de pub de Surfrider Foundation : « Une session surf en 2015 ? ». Si la campagne pouvait faire sourire, et si Surfrider eux même ne pouvaient imaginer un tel scénario catastrophe, aujourd’hui ce n’est plus tout a fait la même chose. 2015 s’est transformé en 2011. La radioactivité est belle est bien menaçante.
Le nuage qui va arriver, nous allons le respirer, l’inhaler. Et ainsi absorber une partie de la radioactivité, à des doses non dangereuses. La radioactivité va également se retrouver dans les aliments, la viande et les poissons. Là encore, normalement à des doses acceptables et non dangereuses.
Le français dit « moyen », celui représentant la majorité de la population par son quotidien, ne devrait pas être affecté. Il s’agit tout de même de rester vigilant sur la situation.
Qu’en est-il du surfeur régulier ?
On sait que les surfeurs sont exposés aux produits chimiques (pesticides, …), aux pollutions marines. En cas de pluie, et donc de ruissellement, les spots de surf seront-ils des lieux de concentration de la radioactivité ?
On sait également que les océans ont et vont absorber une grande partie de cette radioactivité. Les courants marins pourraient-ils apporter des éléments radioactifs sur les littoraux ?
Sans tomber dans la psychose ou la paranoïa, il faut tout de même garder à l’esprit que la pollution radioactive est une des plus perverses. Invisible et terriblement dangereuse.
Le monde entre les mains de la… météo
A la question :
1. Existe-t-il un risque pour la santé publique lié aux retombées radioactives au-delà du Japon ? (question posée sur le site du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé).
La réponse est « non », comme on nous le répète depuis plusieurs jours, mais il faut noter cette précision : « [...]Le risque pour la santé au-delà du Japon va dépendre de la quantité d’éléments radioactifs rejetés dans l’atmosphère et des conditions météorologiques (direction du vent, vitesse, pluie…)[...]. »
Notre destin et notre santé seraient-ils liés aux conditions météo ? Lorsque l’on me dit qu’il n’y a aucun danger en terme de concentration en éléments radioactifs, j’y comprends « aucun danger qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, … ». Je repose donc ma question : que se passe-t-il s’il pleut et que l’on surfe alors que le nuage est présent au dessus du spot ? Le surfeur prend-t-il un risque supplémentaire avec une eau contaminée, même faiblement, en contact avec ses tissus, pénétrant dans ses oreilles, dans ses sinus ?
Je ne peux répondre à cette question. En outre, il est possible de savoir quelles seront les tendances météorologiques des prochains jours.
La météo surf : vendredi 25 mars – © allosurf.net

Avant tout, il va faire beau sur toute la France lors de l’arrivée du nuage. La pluie est annoncée pour le samedi 26 mars. D’ici là, il faudra suivre l’évolution du taux d’éléments radioactifs présents dans l’atmosphère.
Concernant la houle et les vagues, indispensables pour pratiquer le surf, les prévisions annoncentde très petites conditions jusqu’au lundi 28 mars. En outre, il faudra être vigilant à partir de cette date car de fortes pluies sont prévues, tout comme un fort vent d’ouest, et ce sur toute la France.
La vague radioactive aura-t-elle lieu ?
Si les vents semblent nous apporter des éléments radioactifs tout droit venus du Japon, dans un premier temps les surfeurs ne seront pas plus exposés que le reste de la population, absence de vagues oblige. Par la suite, il faudra être vigilant et suivre les informations au jour le jour.
Il semble pourtant que l’humanité ait échappé au pire, même si des rejets radioactifs sont encore visibles et que les réacteurs de Fukushima sont loin d’être totalement sécurisés. Des zones sont belles et bien contaminées et le seront pendant de très nombreuses années. Le spot de surf de Fukushima est quand à lui perdu pour notre générations et les suivantes. Autant dire à jamais.

En 2009, le film Les Derniers Jours du Monde mettait en scène la côte Basque, devenue invivable pour cause de contamination
L’histoire se répète, et il aura fallu une catastrophe pour que l’on s’interroge au moins un minimum sur le bien fondé du nucléaire. A quand la prochaine ? Certains affirment que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Jusqu’au jour où la catastrophe sera vraiment trop forte pour que l’Homme puisse y survivre.
Liens
- Autorité de sûreté nucléaire
- Japon : point sur les recommandations sanitaires (site du gouvernement français)
- Greenpeace : spécial Japon
Articles
- Fukushima : l’eau de mer touchée par une importante pollution radioactive (surf-prevention)
- La fin du monde à Biarritz ? (surf-prevention)
Les derniers jours du monde (2009) – bande annonce


